LITTERATURE

" Poésie "

L'auteur de ce mois s'appelle Pascal MERIGNIES. Il est originaire du Nord de la France et cela se sent un peu dans ses textes, à vous d'en juger à la lecture de deux de ses œuvres.

 

" TOI "

 

Tes seins chagrins

Si petits qu'ils soient

Ne laisseront grande trace

Sur ma langue

Et ma bouche ne pourra

Que les sucer, les avaler

En leur entier,

Malmener tendrement ce mamelon

Avec pour embout à lécher

Ce bouton de plaisir

Si sensible

 

Tes fesses si peu arrondies

Q'un léger galbe

Fatiguera tout de même mes baisers

Ma langue fouinant autour de ton puits

Titillant sa margelle

Glissera jusqu'à "ta blessure"

Et ses premiers remparts

Et je m'enfoncerai

Recherchant le contact avec ses parois

Ses aspérités humides

De futures jouissances

 

Ton sexe, cette différence

Dont je suis amoureux fou.

Mes yeux, mon nez, ma bouche,

Ma langue ne se languiront jamais d'en profiter.

Explorant chaque rebord et ce sommet,

Ce capuchon sous lequel tu espères l'extase,

Le soulevant de bas en haut, à gauche, à droite,

L'aspirant entre mes lèvres, mes tendresses,

Et plus il s'agite; te secoue,

Plus l'ivresse de tes sens

Me le fera savoir.

 


 

" FATRAS "

 

Danses,

Transes,

Souvenirs,

Sourires.

 

Soupirs,

Jouir,

Multicolore,

Des corps.

 

Décors,

Supports,

Précise,

Indécise.

 

Incisive,

Surprise,

Joueur,

Menteur.

 

Chaleur,

Meilleur,

Insipide,

Décide.

 

Subside,

Morbide,

Inconvénient,

Inconsciemment.

 

Maladroitement,

Soudainement,

Détours,

Amours.

 


" Légendes de l'Avesnois "

 

" LE TROU DU SARRAZIN " - Olivier SOMAIN

Il y a bien longtemps, au moins plus de mil ans, en ces temps reculés, inconnus et barbares, mais bénis des dieux qui cohabitaient encore pacifiquement, un riche marchand sarrazin s'arrêta dans ce que nous appelons aujourd'hui la forêt de Mormal.

Ce marchand s'installa pour vendre sa marchandise. Tout disparut tant et si bien qu'il décida de finir sa vie en ce pays de grands froids et de brusques chaleurs. Il devint ainsi un personnage puissant mais à qui il manquait une satisfaction: il n'avait pas de femme. Bien sur, ce sarrazin en avait bien repéré quelques unes dont, en particulier, la fille d'un fermier local.

Il alla en grandes pompes demander la main de l'élue de son cœur à son père qui, tout surpris et quelque peu flatté, accorda une attention toute particulière à cette demande. L'élue en question, elle, ne le voyait pas ainsi. Notre marchand était assez beau, peut-être un peu âgé et surtout riche, mais notre fille en aimait un autre.

Elle eut une idée. On racontait que la forêt de Mormal était traversée en son sous-sol de sources fraîches et abondantes, mais personne n'avait pu en localiser une seule. Sûre de ce que le sarrazin reviendrait bredouille d'une telle quête, elle posa comme condition que ce dernier en trouva une et surtout avant la prochaine pleine lune. De plus, c'est lui-même qui devait creuser et non la multitude de gens qui travaillait pour lui.

Il se mit donc à l'ouvrage, de jour comme de nuit. Il utilisa, pour localiser la source, des méthodes qui étaient coutumières dans son pays, là où l'eau était rare… Bien vite il se décida sur un point et se mit à creuser, creuser jusqu'au jour, bien avant la pleine lune où il invita la fille du fermier à venir boire l'eau de sa source, car il en avait trouvé une.

Prise de panique et se voyant prise à son propre piège, elle fit reboucher le trou par des amis, une nuit, et fit effacer toutes traces pouvant localiser à nouveau cette source. Le lendemain, le sarrazin, ne retrouvant plus sa source, entra dans une colère terrible et se décida à retourner dans son pays, trop déçu des gens du cru.

Bien plus tard, la fille du fermier s'étant mariée avec celui qu'elle aimait, ayant eu trois beaux enfants, les envoya chercher des champignons en forêt de Mormal. Tout à coup, ils firent une découverte incroyable: des quantités importantes de beaux champignons comestibles étalés sur une surface bien étroite. Comme ils étaient occupés à cueillir cette manne providentielle, ils ne s'aperçurent pas que la terre s'enfonçait doucement, puis d'un seul coup terrible les fit s'engouffrer dans le sol.

La source du sarrazin avait ainsi attiré à elle les enfants de celle qui avait refusé de venir boire de son eau. On ne revit plus jamais les enfants et on laissa le trou, gueule ouverte, afin que personne n'y retombe par surprise…

 

 

 

 

 

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